Tous les cinq mars, à Saragosse, il y a un fête populaire pendant laquelle des milliers de personnes vont dans le parc Tío Jorge pour réaliser un repas champêtre qui commémore l’expulsion des troupes carlistes par les habitants de Saragosse le 5 mars 1838. 
L’emplacement stratégique de la ville de Saragosse et l’aspiration des carlistes de conquérir une grande ville, car ils n’avaient qu’un domaine rural, poussa Juan Cabañero à cette entreprise audacieuse. Mais la réaction des habitants de Saragosse fut rapide et ils sortirent dans les rues, à côté de la milice, pour se défendre. Finalement, ils expulsèrent les carlistes de la ville. Il s’agit d’un événement important après lequel on ajouta à l’écu de la ville la devise "Siempre Heroica" (toujours héroïque). Dans les années qui suivirent, la Mairie constitutionnelle de Saragosse déclara comme férié le jour de l’anniversaire et on le commémora de manière officielle et solennelle. En 1843, les événements de l’histoire de l’Espagne donnèrent le pouvoir aux modérés et, à partir de ce moment-là, la commémoration officielle disparut. Mais les habitants de Saragosse, habitués à la fête, décidèrent de ne pas y renoncer et commencèrent à fêter le 5 mars avec des excursions collectives à la campagne et aux environs de la ville. Un grand nombre de personnes allaient dans le bois de Macanaz et sur les rives du Gállego bien approvisionnés en nourriture et en boissons. C’est comme ça que naquit la tradition qui serait conservée pendant des décades. Déjà au XXe siècle, Cabezo Cortado, Cabezo Buenavista, le quartier de l’Almozara et la gare de train d’Utrillas devinrent aussi des lieux de fête habituels à cause de l’expansion vers le sud que la ville expérimenta à ce moment-là.Le 4 mars 1937, la Mairie décida de supprimer officiellement la fête pour toute la Guerre Civile et même jusqu’en 1977. De la même manière, la rue Cinco de Marzo reçut, pendant toutes ces années-là, le nom de Requeté Aragonés. En 1977, on commença à récupérer la fête d’une manière discrète et progressive, les gens sortant à nouveau à la campagne et, en 1979, la première Mairie démocratique rendit le nom à la rue qui commémorait ce jour historique. En 1981, la Mairie récupéra définitivement la fête grâce à l’aide des commissions des fêtes des quartiers, des peñas (clubs) et des associations de citadins.Depuis lors, la fête a lieu dans le parc Tío Jorge, quartier de l’Arrabal, et il s’agit d’une journée ludique et revendicative. En plus de la fête locale et du repas champêtre traditionnel, des peñas, des groupes politiques et des associations sociales et culturelles installent des bars portatifs qu’ils utilisent aussi comme espaces informant de leurs activités. Les habitants de Saragosse occupent le parc lors d’un jour de fête et de solidarité où l’on prépare des popotes et des viandes rôties et pendant lequel il y a des marches, des bals, des concerts et de l’animation dans les rues. © Prames
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