Pendant les jours précédant le 19 janvier, la localité de Castelserás prépare la fête du patron, San Sebastián. Pendant la fête on allume un grand feu pour lequel on a choisi un peuplier parmi les arbres les plus gros et hauts de la rive du Guadalope. Il faut éviter que le peuplier se rompe pendant le transport car il faudrait en couper un autre. Les habitants du village laissent le bois à brûler devant leurs maisons pour que les responsables la ramassent. La base du feu peut mesurer jusqu’à 13 mètres et une hauteur d’entre 5 et 7 mètres. L’acte préalable à l’allumage est appelé "Cercavilla". Le maire et le secrétaire sortent de la Mairie précédés des "Caramballeros" et accompagnés du son des «dulzainas» (sorte de pipeau) et des tambourins. Ils passent prendre les conseillers, les reines des fêtes et les autres invités, au milieu du bruit des fusées, pour aller voir le spectacle de la Mairie. La nuit, quand les flammes sont à leur apogée, commence la danse du "Rodat". Il s’agit d’une danse avec une origine très ancienne mais incertaine, qui consiste à faire un tour complet autour du feu en dansant au rytme d’une « tonadilla » ancienne, jouée avec la «dulzaina » et le tambourin. Seulement les hommes mariés habitant le village peuvent être danseurs. Peu à peu, les plus courageux entrent dans le feu à travers la passerelle faite de branches vertes d’olivier, qui évitent un peu le tourbillon de cendres mais pas la chaleur suffocante, pour couper le peuplier avec leurs haches. Chacun donne un coup de hache, deux au plus, et on répète ce geste jusqu’à ce qu’on arrive à couper l’arbre. Il existe une hiérarchie pour les tours : c’est le plus ancien qui sort le premier et après les autres par rang d’ancienneté. On perd son poste si on ne sort pas ou si on n’arrive pas à faire le tour complet . Alors, on va occuper la dernière position.
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